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EN SE LIBERANT

Il y a une quinzaine d’années, lors d’un stage de développement personnel, une trentaine de personnes m’ont posé plusieurs fois la même question : « Qui es-tu ? » J’ai d’abord exprimé les étiquettes que j’avais l’habitude d’accrocher à ma personne, comme « un homme, un père, un mari, un entrepreneur, un valaisan, un chercheur, un voyageur, etc. ». Puis, petit à petit, j’ai commencé à comprendre que j’étais un corps physique, un amas de cellules, d’atomes, d’électrons, de protons, de neutrons, de quarks, de photons, de gluons. Fort de ce constat, je me suis alors posé la question de ce qui me différenciait de la chaise sur laquelle j’étais assis. Elle aussi est une accumulation de cellules ! J’ai capable de ressentir des émotions, des états d’âme et des sensations qui s’agitent en moi et qui changent au gré de mes humeurs. Mais alors qu’est-ce qui me différencie des animaux que j’ai à la maison qui eux aussi ont un ADN très proche du mien et eux aussi ressentent des émotions? Avec fierté et une certaine supériorité, j’ai identifié notre intelligence, cette incroyable capacité que nous avons d’analyser le passé pour anticiper l’avenir. Puis une image m’est revenue. Un chien est assis à côté de son maître. Les deux regardent la mer. L’un n’a qu’une seule pensée en tête : je suis content d’être ici et maintenant avec l’être que j’aime. L’autre en a plusieurs : pourquoi ma femme m’a dit ceci ? Que vais-je faire demain ? Et si mon chef n’est pas d’accord avec moi, comment vais-je faire ? Mon voisin vient de s’acheter une plus belle voiture que la mienne, comment l’a-t-il payée ?

J’ai alors goûté à un sentiment d’humilité. Une absence de prétention et d’arrogance. J’avais compris que notre machine à produire des pensées pouvait devenir une machine infernale. Redevenu calme, j’ai levé les yeux au ciel et contemplé l’univers qui nous entoure. Ces milliards de galaxies qui se meuvent avec grâce et continuent de s’étendre semble-t-il. Qui suis-je dans ce macrocosme ? Une réponse m’est apparue instantanément : je suis une poussière d’étoile. Mais alors, qui est l’étoile ? Et là, comme Saint-Exupéry, naufragé et seul au milieu du désert qui se fait réveiller par une petite voix lui demandant de lui dessiner un mouton, j’ai décelé quelque chose qui dépassait ma personne, quelque chose de plus grand que cette chair, ces émotions et ces pensées, quelque chose de spirituel, quelque chose de divin, quelque chose de bon : une paix profonde, une présence absolue, un savoir universel, un bonheur extatique. J’ai dégusté un aperçu de ce que je lisais ou entendais de sages : le Nirvana, la Vie, l’Energie, l’Univers, la Foi, la Terre Mère, le Divin, la Source. C’était un état d’être que je connaissais déjà. C’était comme rentrer à la Maison. Un endroit que je n’étais pas seul à expérimenter. Tous les gens à qui j’en parlais savaient eux aussi. Vous aussi, vous connaissez également très bien cet être. Celui qui est en nous, au fond de notre cœur, dans la partie la plus intime et la plus sensible de notre être. Celui que je suis vraiment. Cette chose que l’on nomme âme.

Sonia-LyubomirskyLe bonheur est un sujet qui nous occupe de plus en plus. Les cours sur le bonheur sont les plus suivis dans les grandes universités. De nouveaux magazines, applications ou documentaires dédiés voient le jour chaque année. Est-ce la fatigue d’entendre tous ces malheurs que les médias à sensation nous ressassent tous les jours ? Est-ce une question pour les riches, ceux qui ont tout mais semblent manquer de l’essentiel ? Nous avons tendance à croire que le bonheur est la conséquence du succès. C’est un état que l’on obtiendra après avoir trouvé le bon partenaire et le bon job. Il nous faut la réussite que l’on associe au compte en banque bien fourni, à la maison cossue, à la voiture rapide, aux vacances de rêve, au corps d’athlète et aux amis nombreux. Du moins, c’est ce que j’ai cru pendant une partie de ma vie. Mais mon expérience personnelle, comme de multiples livres et de nombreuses études l’ont prouvé, ce n’est pas la réussite qui rend heureux. Le lien est inverse. C’est le bonheur qui amène le succès.

ALORS. C’EST QUOI LE BONHEUR ?

Pensez aux trois derniers jours que vous venez de passer. Visualisez les moments qui vous ont rendu heureux. Et s’il n’y en n’a pas eu, pensez à d’autres moments de votre vie où vous vous sentiez très heureux. Ne regardez pas ce qui se passait autour de vous, les personnes ou les activités que vous faisiez. Observez comment vous vous sentiez à l’intérieur de vous-même. N’était ce pas une expérience très personnelle de joie et de satisfaction, une ouverture à la vie, une envie de dire merci, une profonde connexion avec tout ce qui nous entoure, le sentiment que notre vie a du sens, la conviction que nous sommes utiles et la foi en l’amour ? Cette multitude de stimulations qui nous connectent à qui nous sommes vraiment. Ce besoin profond qui, lorsqu’il n’est pas comblé, nous motive à mener des actions pénibles pour l’assouvir demain. Cet état positif qui nous fait contempler le passé avec gratitude et pardon, scruter les évènements pouvant impacter notre futur avec surprise et détachement, considérer les autres avec empathie et compassion, et surtout chérir le présent avec allégresse et sérénité.

Paradoxalement, pour la grande majorité d’entre nous, nous n’arrivons pas à garder cette condition de bien-être en permanence. Pire, lorsque nous pouvons vivre ce genre de moment pendant un laps de temps relativement long, nous nous y habituons et ne ressentons plus les mêmes plaisirs. C’est un phénomène que Sonja Lyubomirsky, professeur de psychologie positive à l’Université de Californie nomme « adaptation hédonique ». La capacité qu’a notre organisme de s’adapter à n’importe quelle sensation, qu’elle soit positive ou négative. Vous pouvez faire l’essai en pinçant rapidement le bras de quelqu’un. Vous verrez qu’il se plaindra que cela fait mal. Puis, vous le pincez en gardant vos doigts serrés sur son bras et en lui demandant de goûter calmement ce qu’il ressent. Vous verrez qu’au bout de quelques secondes, il dira qu’il ne ressent plus la douleur. En fait, nous sommes très sensibles aux changements de conditions. Lorsque l’état reste stable, nous nous habituons aux stimulations reçues et ne prenons plus conscience aussi facilement des sensations de notre corps, des tribulations de nos émotions et du bouillonnement de nos pensées. Ainsi, nous retrouver avec notre conjoint, en vacances sur une plage pendant deux semaines peut devenir un calvaire. Nous nous accoutumons tellement au « farniente » que même nous lever pour aller chercher un verre d’eau demande un effort physique important. Cela peut même générer une frustration si notre partenaire hésite à se mouvoir à notre place. Pire encore, nous pouvons nous retrouver à spéculer sur toutes sortes d’hypothèses quant à la qualité de notre relation amoureuse et finir notre soirée en boudant, chacun dans son coin.

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SOMMES-NOUS TOUS SEMBLABLES FACE AU BONHEUR ?

Bien que les dispositions physiques avec lesquelles nous sommes nés et les circonstances dans lesquelles nous vivons influencent notre bien-être, il semble qu’il y ait un autre déterminant très important. Sonja Lyubomirsky, Ken Sheldon et David Schkade proposent la « solution 40% » :
50% de notre conscience d’être heureux dépendrait de nos gènes. Les neurosciences nous expliquent que nous ne naissons pas tous avec les mêmes capacités de sécrétion de neurotransmetteurs, comme la sérotonine et la dopamine qui stimulent la partie pensante de notre cerveau. Il est donc fondé de penser que nous sommes différents. Mais ceci ne donne qu’une partie de la réponse.

10% dépendrait des circonstances extérieures. Vous avez certainement rencontré des gens souriants alors qu’ils vivent dans des conditions matérielles et sécuritaires difficiles, et d’autres personnes qui semblent avoir tout ce qu’il faut, mais ont un regard préoccupé et malheureux.

Et 40% dépendrait de nos actions intentionnelles. C’est la possibilité que nous avons tous de décider de la manière dont nous allons vivre, penser et agir face aux évènements que la vie va nous offrir. C’est un choix conscient et volontaire que nous pouvons faire. Et ce sont surtout des comportements lucides qui vont lentement et sûrement changer la manière dont nos cellules interagissent.

 

Marc-Antoine-Tschopp

Marc-Antoine Tschopp
Psychologue Positif
Formateur – Coach – Conférencier
© Mai 2017